LA CUISINE TURQUE

Héritière d’une longue tradition impériale, la cuisine turque serait, aux dires des experts culinaires, la troisième au monde de par sa richesse et son raffinement, après les cuisines française et chinoise ! Qu’on se le dise !

LE YAOURT

Le yoghourt, n’en déplaise à nos amis grecs et bulgares, est une invention turque, un mets national connu depuis toujours chez les nomades des steppes d’Asie centrale, ancêtres des Turcs. Le mot dérive du verbe turc yogurtmak, « épaissir ». Vous aurez désormais une pensée émue dans le rayon crémerie/produits frais de votre épicerie !

PIZZA ou PIDE

Ce sont les croisés qui ont découvert la pide turque et l’ont ramenée en Italie où elle s’est appelée « pizza »…

(Source: Revue « L’art de voyager » – Juin-Juillet 2001)

DÖNER KEBAB

Figurez-vous que le döner kebab, que l’on propose aujourd’hui à tous les coins de rue, est originaire de Bursa en Turquie. Nooon ? Si ! Et même que döner kebabsignifie en turc  » rôti qui tourne « . Bien le bonjour à nos amis grecs (usurpateurs) !

LE CROISSANT

C’est après le siège de Vienne par les Ottomans en 1683 que la mode du croissant de notre petit-déjeuner, dont la forme reprend l’emblème qui ornait et orne encore le drapeau des Turcs, se propage en Europe. Pour célébrer l’échec de la campagne viennoise des Ottomans, un astucieux cuisinier eut en effet l’idée de confectionner cette délicieuse pâtisserie en forme de croissant, qui fait aujourd’hui le régal de tous les gourmets. Et comme les Turcs font bien les choses, lors de ce même siège, ils firent également découvrir le goût du café aux Viennois, et à travers eux aux Européens. Apprenez à votre estomac à dire merci en turc !

SORBET

Le Sorbet : cette sorte de glace sans crème, qui peut prendre la forme d’une boisson à demi glacée à base de sucre et jus de fruits, nous vient des Turcs ! Le nom l’atteste, qui est dérivé de l’italien sorbetto, lui-même issu du turc serbet (prononcer « cherbette »). Pour la grande délectation de nos papilles qui crient « gloire aux Turcs » !! ;-))

BAKLAVA

Voici notre contribution sur ce dessert feuilleté commun à tous les peuples de l’Empire ottoman et de la Perse.
Même si certains attribuent la paternité du baklava aux Libanais ou aux Syriaques, sans citer de source, nous vous communiquons les versions qui font remonter l’origine du baklava soit aux Byzantins, soit en Asie centrale, donc aux Turcs. Rappelons que les Turcs, peuple nomade, ont toujours été connus pour leurs préparations avec des pâtes feuilletées (yufka, katmerli hamur).
Ce sont d’ailleurs deux thèses qui figurent dans les travaux de l’Association turque des producteurs de baklava et de desserts (Türkiye Baklava ve Tatlı Üreticileri Derneği).
C’est le prof. grec Speros Vryonis qui défend la thèse byzantine créant des similitudes avec un dessert grec du nom de « kopton » ( ?). Thèse démontée par le journaliste américain Charles Perry.
Selon Perry, le baklava est une fusion culinaire entre les préparations feuilletées centrasiatiques turques et les farces persanes à base de fruits secs (noix, noisette, cacahuète) cuits. Il illustre sa thèse notamment avec le baklava azerbaïdjanais nommé « Bakı Pahlavası ».
D’ailleurs, le mot « baklava » serait d’étymologie moghole selon l’Oxford Dictionary of English, ce qui renforce la thèse centrasiatique turque.

Chez les Ottomans, les premières traces écrites du baklava remontent à 1473 c’est-à-dire au conquérant d’Istanbul, Mehmet II. Toutefois, ce sont les cuisines de la cour ottomane qui ont fixé la forme actuelle du dessert.

En tous cas, bon appétit à tous les peuples qui en mangent. 🙂
Si vous allez à Gaziantep, -porte d’entrée des Turcs en Anatolie et ville berceau du baklava, imprégnée d’une forte culture turkmène-, n’en revenez surtout pas avant d’avoir dégusté les fameux baklavas du grand maître « Imam Cağdaş ». Nous n’en avons jamais mangés d’aussi succulents.

ARABAŞI

Le « arabaşı » dont le nom pourrait être malencontreusement traduit par « plat arabe » est une déformation issue de l’association de « ara » (intermédiaire) et « aş » (plat). Ce plat se compose d’une soupe très épicée, -préparée originellement avec de la viande de perdrix ou d’autres oiseaux de chasse mais de nos jours avec de la volaille (poulet, coq, canard, oie, dinde …)-, dans laquelle on vient tremper une pâte froide peu cuite. C’est un plat typique de centre-Anatolie, très réputé principalement dans les provinces de Yozgat, Konya, Karaman, Kayseri, Niğde et Mersin. Mais d’autres provinces le consomment également telles que Ankara, Antalya, Burdur, Denizli, Muğla, Sivas, Aksaray, Afyonkarahisar, Eskişehir, Kütahya, Çankırı, Kırıkkale, Kırşehir, Isparta, ainsi que les régions qui abritent des populations Turkmènes et Yörük (nomades sédentarisés).
Le « arabaşı » qui est un plat incontournable des hivers rudes d’Anatolie, nécessite des ingrédients très basiques tels que de l’eau, de la farine et du sel pour la préparation de la pâte que l’on gobe en avalant le bouillon.
Ce plat est aussi un symbole de l’hospitalité légendaire des Turcs. Autrefois, la soupe était servie aux invités dans un grand bol commun au milieu de la table et le premier qui faisait tomber la pâte de sa cuillère dans le bouillon devait inviter les autres, le lendemain, chez lui.

LA CERISE

Selon le naturaliste Pline, les cerises auraient été ramenées des côtes de la Mer Noire par Lucullus, grand gastronome, certainement, mais aussi général. Lucullus les aurait découvertes là-bas, en 69 av JC, lors de la guerre que Rome soutint contre Mithridate Eupator, aux environs de la ville turque de Giresun, alors nomée Cérasos (ou Kerasus). D’où leur nom. Il est vrai qu’en Turquie on est grand amateur de cerises (« Kiraz » dans la langue locale) et que le jus de cerises y est une boisson commune.

Et pour terminer, voici une petite note poétique de BleuBlancTurc.com 🙂

 » Penchée, elle m’offrait la cerise à sa bouche ;
Et ma bouche riait et venait s’y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser   »
(Victor Hugo)

LA FRAMBOISE

La framboise, rapportée de Turquie par les croisés, serait née sur les pentes du mont Ida (Kaz dagi en turc), d’où son appellation « Rubus idaeus » : ronce de l’Ida.

D’après la légende, les framboises étaient alors blanches. Jupiter encore enfant criait et pour le calmer, la nymphe Ida, fille du roi de Crète, lui cueillit une framboise. En cueillant le fruit, elle s’égratigna et son sang donna une couleur rouge au fruit.

Rappelez-vous aussi que c’est du sommet du mont Ida, aujourd’hui parc naturel turc, que Pâris a déclenché la guerre de Troie en donnant la primeur à Aphrodite, excitant ainsi le courroux de Héra et Athéna.

Enfin, pour ceux qui pourraient être intéressés, sachez que les framboises soulageraient les aigreurs d’estomac et la constipation.

LES NOISETTES

La Turquie est le plus grand exportateur mondial de noisettes, avec près de 80% de part de marché, mais c’est également le premier pays producteur. Ceci peut s’expliquer par le fait que la Turquie est l’un des quelques pays qui bénéficient des conditions climatiques les plus favorables à la production de noisettes. Sur plus de 450 000 ha, les vergers peuplent de façon dense les zones côtières de la mer Noire et s’étendent depuis Zonguldak (à l’Est d’Istanbul) jusqu’à la frontière avec la Georgie.

Durant ces dernières années, la Turquie a fourni une production moyenne annuelle de 500 000 tonnes de noisettes en coques, soit environ 325 000 tonnes décortiquées. Compte tenu de son importance au niveau national (5 à 10% des rentrées de devises du pays), le gouvernement turc régit la croissance de cette arboriculture avec des lois qui définissent rigoureusement le développement et la qualité.

La production française avec 2 000 ha dans le Sud-Ouest couvre à peine 10% des besoins et le reste est importé essentiellement de Turquie ! Afiyet olsun !

LE POTIRON TURBAN TURC

Le giraumon est une variété de potiron, appartenant à l’espèce Cucurbita maxima, de la famille des Cucurbitaceae. Sa forme et ses couleurs très particulières lui ont valu le surnom de «potiron turban turc » ou de « bonnet turc » en raison, vous l’aurez compris, de sa ressemblance avec la coiffe traditionnelle portée jadis dans l’empire des Turcs ottomans.

Pour les amateurs, sachez que la pulpe farineuse une fois cuite est très onctueuse, d’excellente qualité, et son goût doux et sucrée est tellement agréable. Ils se conserve très longtemps. Ne consommer que les fruits jeunes et fraîchement cueillis. Très facile à cultiver.


Source : BleuBlancTurc

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